Mammuth

•mai 2, 2010 • Laisser un commentaire

Mammuth. Petit budget, film de Grolandais. A priori, on se dit qu’on va voir un truc de télé au cinéma, un sketch de Groland en 90 minutes, Yolande Moreau dans le même rôle de torchée que d’habitude et que bon, tout ça, c’est à voir gratuitement sur un écran d’ordinateur.

Les premières minutes, on se dit que l’esthétique du film aurait pu consister en autre chose qu’un grain sur l’image, on aimerait qu’il se passe plus de choses.

Et puis finalement, on se dit que c’est très bien comme ça, que ce retraité qui parcourt la France à dos de Mammuth à la recherche de fiches de paie, et donc, fatalement à la recherche du temps perdu, nous touche.

Il nous touche entre deux scènes improbables, un peu connes, qui ressemblent à des grolanderies passées derrière l’objectif poétique d’un appareil de Lomographie.

Et puis sa femme, Catherine, parfaite, qui, dans une scène entre désespoir et jubilation, est persuadée qu’elle va tuer la salope qui lui a volé son portable, comme une revanche de l’injustice de la vie et de sa déchéance au rayon poissonnerie.

Finalement, on ressort de Mammuth assez content, assez content surtout que le cinéma français puisse traiter avec brio autre chose que les bourgeois du 6ème arrondissement ou les Arabes des quartiers Nord de Marseille, les premiers fantasmant souvent sur les seconds, comme si aller voir des films tournés en banlieue équivalait, en exotisme, à un safari au Kenya. On ressort content que pour une fois, le cinéma français s’intéresse à des vieux blancs moches un peu navrants, un peu simples, qui n’ont ni l’ISF ou la couleur de leur peau pour être jugés exceptionnels. Et ça, rien que ça, cette réussite de la sublimation de la plus simple banalité, nous pousse à défendre ce film trois mois après sa projection berlinoise.

A défendre ce portrait d’un retraité qui découvre à 60 ans le plaisir de la chaleur du soleil sur sa peau.

Ph.

Metropolis, le symbole du 60ème festival

•mars 7, 2010 • Laisser un commentaire

L’événement de ce 60ème festival est la projection de la version originale d’un chef d’oeuvre du cinéma, Metropolis. De grand films s’en inspirent, en reprennent l’univers comme Blade Runner ou en font une adaptation originale comme  le film d’animation japonaise de Rintaro (2001).

Comme c’est souvent la cas pour les chefs d’oeuvres, Metropolis n’a pas rencontré le succès escompté. Il est pourtant aujourd’hui considéré, avec film “Nosferatu, eine Symphonie des Grauens” de Murnau (1922), comme la  pierre angulaire du courant expressionniste.

Fritz Lang est également célèbre par les cinéphile pour la réalisation de M le maudit.

Jusqu’à récemment, l’unique version disponible de Metropolis était une version amputée d’une heure.

La version “director’s cut” a été retrouvée par miracle en 2008 à Buenos Aires par la conservatrice du museo del Cine.

Cette histoire illustre à merveille la problématique de la conservation des oeuvres.

Il est ainsi possible de se demander: dans quelle mesure, les bouleversements techniques, avec notamment la généralisation du numérique, permettra aux générations futures de jouir du meilleure héritage cinématographique possible?

Jean-Baptiste Scherrer



12h Berlin

•février 23, 2010 • Laisser un commentaire

fx

La belle visite

•février 21, 2010 • Laisser un commentaire

Présenté dans le cadre de la section “Forum” de la Berlinale, le deuxième long métrage documentaire de Jean François Caissy – La Belle Visite – est un objet cinématographique singulier.

Prenant comme unique point d’ancrage physique une résidence pour personnes âgées dans la campagne québécoise, La Belle Visite est un film d’une beauté plastique et d’une subtilité remarquable. La caméra de Jean François Caissy frôle ses habitants, les accompagne avec pudeur, nous montre la vie personnelle et collective de ses hommes et femmes qui vivent au rythme des saisons et au gré des visites.

Les grands parents du cinéaste eux mêmes ont résidé dans cette maison, ancien motel routier coincé entre la route et la mer. Lieu de passage devenu lieu de fin de vie, la résidence sert d’unique théâtre au film.

Les plans, les scènes, les cadres de La Belle Visite sont autant de fenêtres sur ce microcosme cerné par la vieillesse et les complications qu’elle engendre. La suggestion est reine, Jean François Caissy s’interroge sur le sens et le rythme de ces vies en même temps que le téléspectateur, il propose de nombreuses pistes pour appréhender la vie de ses individus, entre souffrance et sagesse. Suivant les traces d’une certaine tradition du cinéma de l’ellipse et de la suggestion (se battant contre ce que Kieslowski appelle la “pornographie” des images imposées frontalement, posant une interprétation univoque), Jean François Caissy dépeint des situations complexes et polysémiques.

L’ennui, la peur, la noblesse des comportements de ses pensionnaires y sont effleurés, présentés avec subtilité et respect.
Pas de misérabilisme, de pathos ou d’enquête sociologique, La Belle Visite approche ce microcosme en tant que véritable terrain cinématographique, il n’est pas ici question de reportage ni d’enquête journalistique. La mise en scène montre “l’invisible” cher à Jean Luc Godard, révèle des situations complexes au sens pluriel et s’empare de l’esthétique de ce lieu et de ceux qui le peuple pour en extraire la beauté visuelle dont il recèle.
La mise en scène y est splendide, discrète mais très travaillée, sublimant les visages marqués par les années, les couleurs du temps qui passe et les mouvements de ces corps fatigués mais toujours nobles.

Ni entretien, ni narration, les scènes s’enchaînent comme autant de tableaux d’une richesse fascinante, des moments de vie composant la fresque globale quereprésente ce lieu où l’on vient finir ses jours.
Pas de personnages vedettes ni de trame narrative, le temps passe et les Hommes vivent simplement devant le regard  du cinéaste. D’Est, film de Chantal Akerman réalisé en 1993 et projeté dans la section “Forum Expanded” propose le même type de construction, poussée à l’extrême. Une succession de plans fixes et de plans séquences documentaires dépeignent – sans paroles ni schéma narratif – une Russie complexe et diverse, pleine de beautés et de peine.

Le jeune metteur en scène canadien signe ainsi un film fort et exigeant, perpétuant l’idée d’un type de cinéma pourtant trop peu mis en valeur, le documentaire dit de “création” faisant le pont entre cinéma de fiction et documentaire didactique classique.

Jean François Caissy s’impose ainsi comme un cinéaste prometteur, la simplicité subtile, l’inventivité discrète et la beauté de sa mise en scène pose d’ores et déja La Belle Visite comme un des documentaires importants de l’année en cours.

T.L

L’accréditation presse ou la complainte du nanti

•février 21, 2010 • 1 Commentaire

En parcourant (attentivement) ce blog, je me suis rendu compte que beaucoup de mes camarades regrettent de n’avoir pas d’accréditation presse. Et pourtant ils ne savent pas ce à quoi ils s’exposeraient alors. Posséder le précieux sésame ne rend pas la vie plus facile ici à la Berlinale, bien au contraire.

Oui la fameuse accréditation rouge nous ouvre les portes du bel hôtel Hyatt, rendez vous des sommités de la presse internationale. Oui, elle nous permet d’accéder à des dizaines de salles chaque jour sur simple présentation de notre badge. Et oui, pour les quelques séances qui nécessitent tout de même l’obtention préalable d’un ticket, elle nous permet de bénéficier des quotas presse sans avoir à subir les files d’attente interminables auxquelles sont soumis le commun des festivaliers. En bref, oui elle nous permet de voir à coup sûr à peu près tous les films de la sélection. Mais c’est justement là que le bât blesse.

Imaginez. Chaque jour, lever aux aurores pour organiser minutieusement notre journée : 9h : der Räuber au Berlinale Palast ; 12h : New York Memories au Cinestar ; 16h : Michel Ciment au Cinéma Paris ; 17h30 : Hotel Hyatt pour les réservation du lendemain ; 20h : Exit Through The Gift Shop à l’Urania ; 22h30 : Blank City au Cinestar ; Minuit : diner et sommeil pour la reconstitution de la force de travail. Chaque jour le même manège qui recommence. Des journée à l’emploi du temps si bien ficelé qu’il ne nous reste même plus un instant pour déjeuner. Rendez vous compte ! Et finalement quel sens y a-t-il à cette boulimie cinématographique ? Soudain transformés en cinéphages, nous enchainons les séances : films à la recette blockbuster, documentaires narcissiques, bijoux cinématographiques et grands classiques, tout s’enchaine si vite que nous ne disposons même plus du temps de l’après-film, ce temps si précieux de la réflexion, nécessaire à l’analyse de ce qui s’est imprimé sur notre rétine. En fait nous consommons passivement des produits, sans que jamais nous ne puissions entreprendre une démarche active consistant ne serait ce qu’à nous demander « que viens je de voir ? Ai-je aimé ou non ? Et surtout, pourquoi ? ». Ce temps nous le passons à courir dans les couloirs du U-Bahn et dans les rues enneigées, afin de ne surtout jamais, ô grand jamais, rater la séance si méthodiquement insérée dans le programme élaboré la veille.

Notez que cet emploi du temps surchargé, et ce en dépit de tout notre bonne volonté, ne nous laisse absolument aucun répit pour ne serait-ce qu’une visite ou deux, ou encore une contribution active au blog… par exemple.

Passons rapidement sur les terribles risques pour notre santé : baisse de l’acuité visuelle à force de séances, perte de poids due à une sous alimentation inévitable et mal de dos chronique causé par les innombrables catalogues, revues de presse et informations spéciales que nous ne cessons d’ajouter à notre sac déjà bien trop rempli.

Et ce n’est pas tout. Connaissez vous les spectateurs journalistes ? Il n’existe rien de pire. Le summum du sans gène. Ils commentent à voix haute, allument leurs lampes de poche pour leurs notes, entrent et sortent de la salle comme d’un moulin. Et la séance terminée, ils se scrutent les uns les autres, espérant lire dans les yeux de leur estimé confrère ce qu’il a pensé du film, sur le quel lui n’a pas d’avis.

Et comme si tout cela ne suffisait pas, cette fameuse accréditation presse ne nous donne même pas accès au marché du film, le haut lieu du networking ; là où tout se joue en somme : nouveaux contacts de qualité, échange de curriculum vitae, obtention de stage professionnalisant et finalement, toute une vie réussie à la clef. Et bien non, à cause de cette accréditation que tout le monde convoite, tout ce bonheur ne restera pour moi qu’un doux fantasme.

Et avec tout ça, je n’ai même pas vu Bal, l’ours d’or 2010. Quelle dure vie.

PS : Acte manqué ? J’ai perdu mon accréditation hier soir, aux alentours du Mikz, Warshauer Strasse. Avis aux amateurs. Pendant ce temps je vais enfin pouvoir me consacrer au blog et autres révisions de partiels. Mais pour Bal, c’est décidemment bel et bien foutu. Larmichette.

PI

Chronique n°4 : L’autre Depardieu

•février 21, 2010 • Laisser un commentaire

Quatrième long métrage du duo Benoît Delépine et Gustave Kervern, Mammuth était le seul film français en compétition à Berlin. Point de suspens, le film n’a remporté aucune récompense lors du palmarès de la 60ème Berlinale décerné hier soir.

Le film avait pourtant formidablement bien commencé, Gérard Depardieu y incarne le personnage de Serge, jeune retraité qui se voit contraint pour toucher sa retraite de récupérer des documents administratifs chez ses anciens employeurs.

A l’opposé de son personnage d’Alexandre Dumas, également projeté à Berlin, l’homme est du genre taiseux, l’acteur joue à l’économie, les mots n’en ont que plus d’intensité. Depardieu est juste tout du long, Yolande Moreau est formidable et le couple fonctionne : deux acteurs « à gueule » se font face.

Les vingt premières minutes me touchent, fleuretant entre humour décapant et féroce critique sociale. La première scène tournée dans un abattoir s’inscrit dans un registre ultra réaliste, on ressent dès cet instant le poids de la solitude pesant sur Serge. Scène d’adieux entre collègues semblant d’avantage intéressés par leurs biscuits apéritifs que par le départ de Serge. Après  dix années de bons et loyaux services, ils lui offrent un puzzle… on ne sait pas s’il faut en rire ou en pleurer.

Ce grand moment de solitude se poursuit tout du long, Serge est la retraite et s’occupe comme il peut, laissant ainsi place à des scènes émouvantes et cocasses. Depardieu bricole, Depardieu fait les courses, Depardieu fait les cent pas, Depardieu compte les voitures qui passent, déclenchant régulièrement l’hilarité de la salle.

Puis le film se transforme en une épopée sur deux roues, amenant ainsi notre héros sur les traces de son passé. C’est précisément à ce moment là que l’ennui s’est installé pour moi. L’épopée est certes marquée par des rencontres mais pas assez solides à mon goût. Ana Mouglalis dans son énième rôle de vamp à moitié dénudée, Benoît Poelvoorde déjà aperçu dans l’autre Dumas et Isabelle Adjani encore en femme songeuse et fragile toute vêtue de noire.

Si Gérard Depardieu reste impeccable dans le rôle tout du long, l’histoire ne suit plus. On se lasse de cette interminable  et vaine recherche de bulletins de paie. La galerie de personnages excentriques croisés par le héros finit par donner au film un côté anecdotique. Dommage.

Sarah

Bollywood for dummies

•février 21, 2010 • Laisser un commentaire

Aux côtés des « Shutter Island » et autres « Ghost Writter », « My name is Khan » – présenté hors compétition à la Berlinale – était un des films les plus attendus de la sélection. Surprenant ? Pas vraiment. En effet le festival est ouvert au public et s’il y a une communauté de fans dévoués et surentraînés, c’est bien celle des aficionados de Bollywood et des fans de Shah Rukh Khan en particulier.  Les « SRFans » s’étaient donné rendez-vous sur le tapis rouge vendredi après-midi. Ils y en avait de toutes les couleurs et de tous les pays (Allemagne, France, Pologne, Albanie, Turquie !). Tous étaient rassemblés pour assister au retour du couple le plus célèbre du cinéma Bollywood : Shah Rukh Khan et Kajol.

Au bonheur des fans

Votre envoyée spéciale entourée d'une délégation de fans venues de Varsovie

Pour le public des habitués de Bollywood, la projection du film n’a pas été une surprise. Nous avons soupiré, sourit et écrasé une larme devant les retrouvailles de ce couple mythique. Nous avons aussi beaucoup pleuré en voyant la douleur de Kajol et l’injustice révoltante à laquelle nos héros doivent faire face. Et nous avons pris notre mal en patience et secoué la tête avec indulgence devant les passages « too much » de la deuxième partie du film. Nous sommes comme ça nous, les habitués de Bollywood. Nous connaissons bien les débordements de Karan Johar, nous savons quand applaudir, quand crier, quand rire devant le cabotinage de Kajol en mère indienne hystérique et quand ouvrir tout grand les yeux parce que Shah Rukh vient de dire à Kajol qu’il veut coucher avec elle « là, maintenant » (du jamais vu !) Nous, les aficionados, avons beaucoup aimé le film. En revanche, tout le monde n’en a pas autant profité que nous.

Bollywood c’est un peu comme l’Inde, soit on adore, soit on déteste, il n’y a pas vraiment de place pour les demi-mesures, mais l’important est de venir avec un esprit ouvert. Cependant il me semble que devant un cinéma aussi radicalement différent de nos canons occidentaux, une petite dose d’explications s’impose. Mon objectif ici n’est pas de convaincre les critiques, mais simplement de donner quelques clés. Pour cela il faut faire un peu d’histoire …

Des dieux, du théâtre et des caméras

La technique du cinématographe arrive en Inde et à Mumbai dès sa création. Cet art étranger est immédiatement adopté par les indiens au nombre desquels le célèbre Dadasaheb Phalke, le « père du cinéma indien ». Dans ce pays, où la majorité de la population est hindoue, la dévotion religieuse passe par le darshan, l’acte de voir et de recevoir la bénédiction de la divinité. Dans ce contexte particulièrement propice, le pouvoir des images animées est tout de suite immense. Les premières productions mettent en scène des Dieux mais aussi les grandes histoires de l’Inde.

Dadasaheb Phalke, père du cinéma indien

La forme de la « comédie musicale », terme utilisé de façon tout à fait abusive, s’impose très rapidement, et avant même l’arrivée du son, les films comptent déjà des séquences dansées. Le chant et la danse font partie intégrante de la narration indienne depuis des siècles. Comme en occident la scène inspire l’écran, mais le théâtre traditionnel qui raconte les grandes épopées du Mahabharata et du Ramayana ne correspond en rien à notre conception du théâtre hérité de la Grèce. Danse, chant, « mime », récits d’une longueur épique avec de multiples épisodes et intrigues emmêlées, ces codes sont adaptés et adoptés par le cinéma des débuts. 

Tours et détours du récit

L’héritage du théâtre tient beaucoup à la structure narrative. Celle-ci suit certes un fil rouge amenant les héros d’un point A à un point B mais les épisodes ont une importance capitale. Le récit traditionnel indien pourrait être vu comme une ligne droite sur laquelle se greffent de nombreuses boucles suivant d’autres histoires. Les cas les plus purs de cet héritage ce trouvent dans les films dit « masala ». Ce terme signifie épice et désigne les savants mélanges à la base de la cuisine indienne. Chaque indien a sa propre recette de masala mais dans tous les cas il y a un savant mélange de multiples saveurs. Appliqué au champ cinématographique, c’est une incroyable rencontre des genres qui s’opère. Ainsi un film des années 70 comme « Sholay », tout comme le plus récent « Main hoon na », mélangent allègrement danse et chants, scènes de comédie, de romance, de tragédie, de combats,  voire même des hommages à d’autres films.  Emmanuel Grimaud (cf Bollywood Film Studio – Editions du CNRS) met également en avant le mode de production des films comme facteur explicatif de ces structures si particulières. Pendant longtemps, l’absence formelle de scénaristes et le piètre de statut de cette profession a encouragé la création de structures narratives totalement soumises aux contingences matérielles, personnelles ou économiques du contexte de production du film.

Si les films produits aujourd’hui à Mumbai ne semblent plus avoir grand-chose en commun avec ceux des pionniers, certains de leurs éléments essentiels perdurent, héritage vivant de la culture indienne. Ce détour par les origines du cinéma populaire indien (du nord comme du sud) est essentiel pour comprendre et juger en tout état de cause les films dits de Bollywood, notamment dans leurs composantes musicales.

Les différents rôles de la musique

L’importance donnée au chant et à la danse, provoque des moues de dédain par nos contrées – « bah, des comédies musicales ! ». Bizarrement « Chantons sous la pluie » ou « Chicago » ne rencontrent  pas le même accueil. C’est sans doute car les films indiens ne sont pas des « comédies musicales », étiquette façonnée par l’expérience cinématographique occidentale et tout aussi incongrue que si l’on qualifiait notre cinéma de « films parlés » ou « films non-musicaux ». Face à nos films, la réaction d’une grande partie de la population indienne est d’ailleurs inverse : « quoi, des films sans musique !!! »

L’intégration de la musique se fait simplement par la « structure à boucles », mentionnée plus haut. Ce terme n’a rien d’officiel mais faute de mieux il permet de donner une représentation visuelle à ces scénarios qui semblent s’égarer dans des séquences gratuites rattachées de façon ténue à l’arche principale. Le cas le plus évident est bien sûr celui des scènes musicales, appelées « items » dans le jargon moderne. Ces scènes trouvent leur origine dans l’héritage souligné plus haut, mais elles ont évolué. Avec le développement de la radio et de la télévision, elles sont devenus des objets (items donc) servant à la promotion du film. La bande originale sort plusieurs mois avant la salle, les scènes sont repackagées pour diffusion en télévision, les disques tournent sur les stations de radio et souvent la musique a plus de succès que le film lui-même. Film et musique sont deux exploitations complémentaires de la même production. La prise d’indépendance de la musique par rapport au film influe sur la réalisation cependant, ces scènes sont loin d’être inutiles ou déconnectées de l’intrigue centrale (Cf Lalitha Gopalan – A cinema of interruptions). Une scène transportant soudain nos héros de Delhi à une verte prairie suisse (oui, les indiens adorent la Suisse mais c’est une longue histoire) ou sur une plage des Maldives, a un rôle narratif souvent important. Dans une société où les démonstrations publiques d’affection ne sont pas considérées d’un bon œil, la chanson permet notamment de montrer  – sous le couvert de la fantaisie – ce que les héros ressentent et de donner corps à leurs désirs (dans la limite du tolérable cependant : pas de french-kiss pour les braves !)

Call of Duty : Mission India

Pas de sexe, pas de déviances, mais souvent des cascades de bons sentiments. Les critiques soulignent souvent la superficialité des personnages et des intrigues. Il faut là encore tempérer. Ces caractéristiques sont de moins en moins propres aux films Bollywood, mais elles s’expliquent aussi par des spécificités culturelles. Ce style a des origines anciennes, là encore les épopées ont habitué les indiens à une certaine absence de complexité psychologique des héros. Dieux, demi-dieux, avatars de dieu et héros, aussi forts et vaillants que des dieux, ne peuvent se permettre le luxe de l’inconstance et du doute !

Au milieu du champ de bataille de Kurukshetra, Arjun fait part de ses doutes à Krishna

Si Arjun, le héros du Mahabharata, présente un des cas de conscience les plus célèbres du monde : doit-il ou non occire ses 100 cousins ? La réponse apportée par Krishna est catégorique : il faut accomplir son dharma (devoir) quel qu’il soit. “Your own duty done imperfectly is better than another man’s done well. It is better to die in one’s own duty, another man’s duty is perilous.” Ce principe énoncé par Krishna dans le Bhagavad Gita, la « bible hindouiste », constitue la ligne de conduite des héros classiques du cinéma populaire indien. Ainsi le cinéma hindi, mais aussi le cinéma tamoul, tolèrent très naturellement un certain monolithisme de leurs protagonistes.

« My name is Khan », un Bollywood nouvelle génération

Chants et danse, structure narrative « à boucles », longueurs du récit, conservatisme, voilà les héritages traditionnels que l’on retrouve dans les films de Bollywood.  Tout ceci étant posé, « My name is Khan » constitue donc un film atypique. Les films de Karan Johar, sont d’ailleurs souvent  surprenants.

Icône cinématographique – son premier film « Kuch kuch hota hai » a bouleversé les indiens du monde entier – mais aussi télévisuelle avec son talk show aux 1000 stars ; Karan Johar est un peu le golden boy de Bollywood. Son succès il le doit à son flair pour saisir l’air du temps et faire rêver les foules. Ses films portraient les classes moyennes supérieures et les franchement riches, dont les vies sont secouées par des drames personnels tout à fait déconnectés de la réalité. Le tout est accompagné de chansons hyper efficaces et d’une bonne dose de rêve capitaliste car avec un Nokia flambant neuf et une panoplie complète DKNY tout peut aller mieux. La clé du succès comme illustré par cette caricature du style Johar, c’est l’argent et plus précisément l’individualisme qui lui est associé.

L’Inde n’est pas le pays de spiritualité à fleur de peau que l’on imagine. Les indiens ne se complaisent d’ailleurs pas dans la pauvreté par fatalisme. Le pays entier est animé par un esprit capitaliste féroce et cette montée en puissance du Moi se heurte frontalement à des valeurs traditionnelles faisant ressentir le poids du groupe à de multiples niveaux, depuis la famille jusqu’à la caste. Les films de Johar parlent d’individus qui désirent et obtiennent, même au mépris des convenances. La morale reste néanmoins sauve car ces films soulignent qu’il vaut mieux avoir le beurre et l’argent du beurre. Le conflit « joharien » consiste donc à faire valoir ses prérogatives tout en conservant l’approbation des figures d’autorités traditionnelles. Le réalisateur s’est néanmoins aventuré dans des sujets polémiques comme l’adultère, dans son film « Kabhi alvida na kehna », qui a marqué un tournant dans sa carrière. Il a fait le choix de risquer de s’aliéner une très vaste partie de la population indienne au profit des catégories sociales les plus avantagées et des NRI (non resident indians). « My name is Khan » marque la confirmation de cette orientation tout en lançant une offensive de charme sur une catégorie souvent passée sous silence, les musulmans, une première.

« My name is Khan » est un film atypique, conciliant à la fois le style Bollywood et un parti pris de « sobriété à l’occidentale ». Johar est très rigoureux dans la première partie du film pour faire passer son message de tolérance envers la différence qu’elle soit religieuse ou autre. Une fois ce message illustré de façon efficace, la seconde partie du film se rapproche d’un style plus indien avec la multiplication des intrigues (quête de Khan, combat de Kajol pour trouver le meurtrier de son fils, sauvetage de la ville de Wilhemina…). Peu importe car l’essentiel a déjà été dit.  Film engagé, prônant la tolérance, « My name is Khan » est aussi une déclaration politique de la place de l’Inde dans le monde. En réalisant ce film, Johar pose son pays comme grande puissance qui n’a plus peur de faire la leçon aux américains, du jamais vu ! « My name is Khan » tente d’ouvrir la voie pour un cinéma populaire nouvelle génération avec des ambitions mondiales. En contrôlant un équilibre fragile entre tradition et modernité, le film de Johar apparaît comme un ambassadeur de l’Inde du XXIe siècle, farouchement fier de ses origines mais aussi avide de nouveauté et de métissage. Shabash* !

 Aude Daubas

* Bravo !

The Killer, non the Incomprehension, Inside Me

•février 21, 2010 • Laisser un commentaire

Plus que deux jours avant le départ de Berlin… La Berlinale baissera bientôt ses rideaux, mais elle n’a pas dit son dernier mot. C’est ce que, le souffle encore court et atteinte d’une légère nausée, je ressens à l’issue de la projection du dernier film de Michael Winterbottom : The Killer Inside Me.

The Killer Inside Me

The Killer Inside Me attire d’abord pour son casting papier glacé : Casey Affleck, dont la parenté avec un certain Ben est devenue quasi anecdotique depuis le très salué L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford. Jessica Alba, icône de la presse féminine et beauté encensée dans le monde entier. Kate Hudson, pétillante actrice également à l’affiche de Nine de Rob Marshall, présenté hors compétition. Mais encore Bill Pullman, Simon Baker, et tant d’autres. Cela semble prometteur.

The Killer Inside Me suscite ensuite la curiosité, en tant que dernier film du prolifique britannique Michael Winterbottom, habitué de la Berlinale depuis plus de 15 ans et plusieurs fois récompensé, par un Ours d’Or pour In This World en 2003 et un Ours d’Argent pour La Route de Guantanamo en 2006.

The Killer Inside Me clôt son effet d’attraction par son lien au roman Le démon dans ma peau de l’américain Jim Thompson, auteur référence du roman noir du 20ème siècle et multi-adapté au cinéma, par Stanley Kubrick, Alain Corneau ou encore Bertrand Tavernier.

The Killer Inside Me se déroule dans une petite ville du sud des Etats-Unis, le genre de petite ville ou tout le monde se connaît, ou plutôt, comme le dit Lou Ford à juste titre au début du film « où tout le monde croit se connaître ».

Lou Ford (Casey Affleck) est le shérif de la zone : allure innocente et quasi angélique, il semble apprécié par ses supérieurs et les gens du quartier. Pourtant dès le début il instaure un malaise, on ne peut pas le lire, il est sans savoir pourquoi moins blanc que ce que ce qu’il n’y parait. C’est une expérience désagréable pour le spectateur : nous avons là un personnage principal pour l’instant sympathique (rassurez-vous, cela ne dure que 5 minutes dans le film) mais fondamentalement irritant. Un jour Lou rencontre Joyce (Jessica Alba), prostituée sublime et masochiste avec laquelle il commence une relation basée sur le sexe et les coups. Ensemble, ils mettent au point un plan pour faire chanter un entrepreneur pétrolier de la région et s’enfuir avec son argent. Mais tout dégénère dans la tête de Lou, que nous croyions connaître un peu depuis le début du film – un homme comme il doit en exister d’autres, sadique et aimant le sexe – mais qu’en fait nous ne connaissons, ni ne connaîtront jamais.

Les coups s’enchainent. En fait, il aime ça, les coups, les donner, aussi forts que possible, jusqu’au sang et aux hématomes, jusqu’à ce que le visage, défiguré, ne soit qu’une contusion géante et sanguinolente. Sous les coups, Joyce lui dit qu’elle l’aime dans un souffle (mais qu’est-ce qu’il lui prend ? Rictus gêné dans la salle). On se replonge tout à coup dans le passé de Lou, sombre et malsain, lorsqu’enfant sa sœur (semble-t-il) le forçait à la battre (gros plan sur des fesses pleines de bleus et le sourire satisfait d’une masochiste pédophile), et lorsque, âgé d’à peine 8 ans, il faisait sa première victime, une enfant de 5 ans.

Et puis c’est l’escalade. Les meurtres se succèdent, Lou devient incontrôlable et répugnant de froideur. Il sait qu’il doit tuer ces personnes. Il le veut, il en a besoin. Et pas de meurtre au pistolet pour tout le monde : il réserve les crimes les plus douloureux et odieux aux femmes qu’il “aime” (ah, mais cela signifierait-il que, psychopathe terrifiant, il ne puisse pas vraiment aimer? Ou que le meurtre soit pour lui une jouissance à l’égal du sexe qu’il veut partager avec ses compagnes? Passons les analyses psychologiques café du commerce que le film ne nous aide pas à dépasser). Personne n’est épargné. Le seul problème qui – rarement – l’assaille est « pourquoi ». Mais il trouve rapidement une réponse : « parce que ».

Je n’ai personnellement pas aimé The Killer Inside Me, quoique je reconnaisse qu’il doive peut-être s’agir là d’un film « réussi » (contrairement à « bon »), dans la mesure où l’approche est sûrement fidèle à une certaine volonté artistique et où Casey Affleck brille littéralement de génie d’interprétation.

The Killer Inside Me m’a répugnée pour sa violence, gratuite, persistante et frontale. Lors de la projection du film au festival de Sundance, les gens quittaient la salle, dont Jessica Alba elle-même, qui n’aurait pas supporté de voir cette scène où, battue à mort pendant plusieurs minutes, elle finit par perdre connaissance, gisante dans son sang et le visage tuméfié. Effet de pub ? La pauvre biquette ne se serait-elle pas aperçue de la violence extrême de cette scène pendant le tournage ? Anyway, le réalisateur, légèrement abattu devant ces spectateurs fuyant le spectacle, se justifiait alors en ces termes : la violence est horrible, dans les livres, dans l’actualité, dans la vie. Elle doit donc être montrée comme telle à l’écran, dans toute son horreur. Mouais.

On ne peut alors s’empêcher de penser à des films comme Fight Club ou Orange Mécanique, qui usaient également d’une violence sans concession. Pourtant, la violence d’Orange Mécanique ou de Fight Club utilisait les personnages pour dépeindre le malaise d’une société entière, et elle servait des buts qui allaient au-delà, bien au-delà, de la jouissance personnelle des protagonistes. Qu’on ne s’y méprenne pas ici : la violence ne révèle rien d’autre que la satisfaction de Lou.

Il serait faux et malhonnête de prétendre, comme certains s’y sont risqués, qu’il s’agit d’un film qui dénonce la violence, notamment faite aux femmes. The Killer Inside Me ne se fonde pas sur un schéma scénaristique classique, où les personnages servent l’histoire au cœur du scénario. Ici, l’histoire est presque anecdotique, car la seule chose qui compte, c’est lui, Lou Ford. Non pas ce qu’il ressent, car il ne ressent rien, et nous avec (sauf la terreur de certaines images), mais ce qu’il voit. Ce n’est en aucun cas un film engagé,  mais l’égoïste histoire d’un psychopathe froid, calculateur, répugnant et sadique, qui tue sans raison avec délectation, tout comme il adore s’extirper du filet policier qui se resserre autour de lui. Parfois, quelques onces d’humanité le rappellent à notre espèce : il demande pardon à Joyce alors qu’il la bat depuis une dizaine de minute et que son visage commence à ressembler à du pudding à la fraise, et les scènes de sexe (très nombreuses, et sous toutes les coutures) nous rappellent quand même qu’il ne s’agit pas que d’un monstre sans âme.

Mais alors quoi ? C’est ca ? Ce film sert à nous montrer le monde incompréhensible vu à travers les yeux de son personnage principal ? Aucun discours derrière l’horreur, aucun point de vue, alors même que ceux-ci étaient engagés au début du film quand Lou disait que dans une petite ville, « tout le monde croit ce connaître, mais c’est faux ». Pas de réflexion non plus sur la relation homme femme (cela dit, tant mieux), sur la privation du Lou enfant de son innocence, sur le malaise d’une Amérique profonde qui cherche à trouver du réconfort dans une pratique extrême du sexe… Rien de tout cela, juste un petit peu de saupoudrage et beaucoup de rien du tout. Le film semble en fait se reposer quasi exclusivement sur le travail exceptionnel de Casey Affleck, et les images fortes qui feront parler de lui. L’histoire nous est, il faut l’avouer, totalement indifférente – qu’on se rassure, c’est semble-t-il le parti pris du film – de même que l’enquête menée par les policiers intuitifs qui voient en Lou un criminel dangereusement siphonné. On s’en fiche. Au bout de 40 minutes, tout ce que je voulais, c’était en finir, que les lumières se rallument, et sortir de là.

Je ne prétends pas que les films de cinéma doivent « servir » à quelque chose, car toute hypothèse d’utilité de l’art rendrait celui-ci caduque. Toutefois, je n’ai pas aimé The Killer Inside Me, parce qu’il m’a été parfaitement inutile de le voir. J’y pense encore aujourd’hui, lendemain de la projection, avec un peu de colère. Pourquoi faire ce film comme ca ?  Pourquoi l’imposer de façon aussi gratuite et sans analyse ni but supérieur aux yeux des spectateurs ? Je pense que les spectateurs de cinéma, avertis ou pas, peuvent tout voir, pourvu qu’il y ait derrière les images non seulement une démarche esthétique, mais également un discours. Le cinéma est un art de la narration, et s’il ne doit en aucun cas chercher systématiquement à développer une thèse, il doit amener le spectateur quelque part. Moi je suis restée sur place. Le dégoût en plus et le plaisir en moins.

aA

How I Ended This Summer ou L’île infernale / Compétition officielle

•février 21, 2010 • Laisser un commentaire

Ca y est, le Jury a tranché, Bal (Miel) de Semih Kaplanoglu a reçu l’Ours d’Or. De son côté Polanski a reçu l’Ours d’argent pour Meilleur Réalisateur avec The Ghost writer. C’est le moment de revenir sur le film russe qui a raflé pas moins de trois prix. Les deux acteurs du film ont reçus ex-aequo le prix d’interprétation masculine, et le chef-opérateur a été primé en Best Camera.

How I ended this summer, Grigori Dobrygin, Sergei Puskepalis

Après The Ghost Writer et Shutter Island, How I Ended This Summer (Kak ya provel etim letom) vient rallonger la liste des films qui se déroulent sur une île. Cette fois ci, point d’espions ou d’US Marshall, mais un grain de folie qui persiste.

Une île de l’arctique en été, ses ours blancs, sa steppe balayée par le vent. Sergueï est un vieux loup, habitué de ce territoire hostile. Cette année, il est assisté par Pavel, météorologue fraichement diplômé. Voici les deux premiers personnages, le troisième étant bien sûr l’île. La dynamique de tout le film se construit sur l’opposition des deux hommes. L’un provient de la tradition et du passé, il a une connaissance approfondie du terrain, les gestes nécessaires et rien de plus pour la survie. Le temps n’a pas d’effet sur lui. De son côté le jeune vit dans un éternel présent, il s’acharne à tuer le temps. Pavel apprend la mort de la famille de Sergeï pendant que celui ci est à la pêche… et ne réussira pas à lui annoncer la nouvelle.

Dersou Ouzala, Akira Kurosawa, 1975

Brutale coming of age story, Jack London modernisé, How I ended this summer peut vite être qualifié; mais surtout, il pose frontalement la question du temps au cinéma. Le territoire illimité qu’explore le film est propice à l’allongement du temps, avec les infinies variations propres au soleil de minuit. La profonde lâcheté du jeune Pavel désamorce la narration, l’attente devient suspense. Le vénérable Sergueï se coule dans le paysage, il correspond aux cycles naturels et à la rotation que lui impose son travail de météorologue. Pavel, lui, est enfermé dans le temps et l’espace. Il court dans les montagnes ravinées tout en écoutant une musique tonitruante, se claquemure dans un jeu vidéo « Doomlike » et finit malgré-lui par faire corps avec la nature quand Sergueï menace de le tuer. Voici un film élégant et rude,  qui pourrait donner naissance à un nouveau genre : le thriller Thalassa. Heureusement, This Summer nous rappelle un peu de Derzou Ouzala d’Akira Kurosawa et Du duel dans le pacifique de John Boorman.

Duel dans le pacifique (1968), John Boorman, avec Lee Marvin et Toshiro Mifune,

Sam Bischoff

Une journaliste à la Berlinale

•février 20, 2010 • Laisser un commentaire

Press screening ,  press only ,  press conference sont des termes omniprésents sur un festival tel que la Berlinale. Nous avons donc souhaité rencontrer un membre de cette sacrosainte catégorie, « la presse », afin d’en savoir un peu plus sur le métier de journaliste en temps de festival et d’en découvrir le quotidien. Venue couvrir l’événement, Sophie Torlotin, chef du service culture pour Radio France International et responsable cinéma, a accepté de répondre à nos questions et de partager son expérience.

Cyny Movy

 
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